Ils persévéraient tous en la doctrine des Apôtres,

et en la communion et la fraction du pain, et dans les prières.

 

 

ACTES-42.NET

 

 

6 novembre 2015

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Livre Église-Maison

Table des matières

Introduction

 

La Tradition Apostolique – Dépassée ? 

 

 Le repas du Seigneur – Festin ou famine ?

 

Réunions interactives

 

Consensus d’assemblée

 

La doctrine de l’église-maison

 

Dix raisons de faire l’église-Maison

 

Les enfants à l’église

 

Une église pleinement biblique

 

Les ministères de la prédication et de l’enseignement

 

Le ministère des anciens

 

Les ministères à temps plein

 

Le ministère d’évangélisation

 

Le ministère de la famille – La clé pour des églises en santé

 

Servir par les dons

 

L’église de localité

 

Mettre la vérité en pratique – La discipline ecclésiastique

 

Les familles de l’église

 

L’ordre divin

 

Une situation difficile – Devenir trop nombreux

 

Les traditions de l’église

 

Conclusion

 

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le repas du seigneur — festin ou famine?

 

        Le repas est un repas agape qui dépend de la providence de Dieu. Chacun apporte de la nourriture afin de la partager avec les autres. Lorsqu’il fait beau, tous les plats sont mis sur une table pliante à l’extérieur. Une caisse remplie de glace est placée près des breuvages. Les enfants courent partout autour. Ils s’amusent tellement que les parents doivent les appeler pour qu’ils viennent manger. Après l’action de grâce pour le repas, les gens font la ligne en parlant et riant tout en préparant leur assiette. Au centre de la table, parmi les autres plats, se trouvent un seul pain et une grande bouteille contenant le fruit de la vigne. Chaque croyant se partage le pain et le jus/vin lorsqu’il fait la ligne pour se servir. 

Les plus jeunes enfants sont encouragés à se mettre à l’une des quelques places à la table pour manger. (Ils peuvent faire bien du dégât!) Des chaises pour les adultes (il n’y en a pas assez pour tous) sont disposées en cercle et principalement occupées par les femmes qui, tout en mangeant, discutent d’école à la maison, d’éducation des enfants, de couture, d’un événement social prochain avec l’église, de la nouvelle église que l’on espère mettre sur pied, etc. La plupart des hommes restent debout pour manger et font balancer leurs assiettes sur leurs tasses. Ils sont rassemblés en petits groupes et tentent de résoudre les problèmes planétaires ou bien de débattre d’un intéressant sujet de théologie. L’ambiance s’apparente plutôt à celle d’un banquet de noce. C’est un temps privilégié pour la communion, l’encouragement, l’édification, l’amitié, le soutien, les nouvelles, la prière, l’exhortation et la croissance. Quelle est la raison de cet événement? Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, c’est le Repas du Seigneur à la façon du Nouveau Testament!

 

        Aussi étrange que cela puisse paraître pour l’église contemporaine, l’église du premier siècle partageait le Repas du Seigneur comme un banquet qui présageait le Souper des Noces de l’Agneau. Ce ne sera qu’après la fin de l’ère du Nouveau Testament que le Repas du Seigneur sera changé par rapport à sa forme d’origine. Si c’était en effet la pratique de l’église du premier siècle, ne devrions-nous pas suivre son exemple?

 

Sa forme et sa raison d’être : un festin et l’avenir

 

        Le tout premier Repas du Seigneur est aussi appelé le Dernier Repas puisque c’était le dernier repas que Jésus a partagé en compagnie de ses disciples avant Sa crucifixion. Le repas s’est tenu à l’occasion de la Pâque. À ce Festin de Pâque, Jésus et Ses disciples se sont allongés à une table qui devait regorger de nourriture (Ex 12, Dt 16). Selon la tradition juive, ce repas durait pendant des heures. Au cours du repas (« comme ils mangeaient, Mt 26:26 »), Jésus prit un pain et le compara à son corps. Il avait déjà pris une coupe et leur avait demandé que chacun y boive. Plus tard, « après avoir soupé » (Lc 22:20), Jésus prit la coupe et la compara à son sang qui devait être versé pour nos péchés. Ainsi, le pain et le vin du Repas du Seigneur furent introduits dans le cadre d’un repas complet, plus spécifiquement celui du festin de la Pâque. Les Douze en auraient-ils conclu de quelque façon que le Repas du Seigneur nouvellement institué n’était pas un vrai repas? Ou n’auraient-ils pas simplement supposé qu’il devait être un festin semblable à celui de la Pâque?

 

        Selon un spécialiste du grec, « La Pâque célébrait deux événements, la délivrance de l’Égypte ainsi que la délivrance anticipée par la venue du Messie. »1 Peu après le Dernier Repas, Jésus est devenu le vrai Agneau sacrificiel de la Pâque en souffrant sur la croix pour délivrer Son peuple de ses péchés. Jésus désirait ardemment célébrer cette dernière Pâque avec ses disciples, disant qu’il ne « la mangerait plus, jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu » (Lc 22:16). Remarquez bien que Jésus anticipait ce moment où Il pourrait de nouveau célébrer la Pâque dans le royaume de Dieu. Plusieurs croient que « l’accomplissement » (Lc 22:16) de cela a été écrit plus tard par Jean dans Apocalypse 19:7-9. À cet endroit, Jean rapporte qu’un ange a déclaré « Heureux ceux qui sont appelés au banquet des noces de l'Agneau! ». Ainsi, le Dernier Repas et tous les Repas du Seigneur tendent vers l’accomplissement du repas de noces de l’Agneau. Y a-t-il une meilleure façon de représenter un banquet qu’avec un banquet? Célébrer le Repas du Seigneur chaque semaine comme un repas complet de communion est comme une préfiguration du vrai repas de noces. La très reconnue Encyclopaedia Britannica affirme que : « la chrétienté du premier siècle considérait cette institution comme un commandement […] en apprenant à vivre, même dans la vie présente, les joies du banquet céleste qui devait venir dans le royaume de Dieu […] le passé, le présent et le futur se rencontraient alors dans l’Eucharistie. »2

 

       Le Seigneur songeait à Son futur banquet de noces lors de cette Pâque toute particulière. Jésus le mentionne une première fois au début du festin de Pâque (« Je ne la mangerai plus, jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. » Lc 22:16).  Il le mentionne encore quand il fait passer la coupe en disant « Je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le règne de Dieu soit venu. » (Lc 22:18). Et puis, après le souper, Il fait encore référence au banquet en disant « Et je dispose du royaume en votre faveur […] afin que vous mangiez et que vous buviez à ma table dans mon royaume » (Lc 22:29-30). R.P. Martin, professeur du Nouveau Testament au séminaire Fuller Theological Seminary, a écrit qu’il y a des « connotations eschatologiques » dans le Repas du Seigneur car il reflète « l’espérance en l’avènement de gloire à venir ».3

 

       Tandis que les Gentils modernes associent le ciel aux nuages et aux harpes, les Juifs du premier siècle considéraient le ciel comme le moment pour festoyer à la table du Messie. Cette idée de manger et de boire à la table du Messie était une image commune dans la pensée juive du premier siècle. Par exemple, un chef religieux juif a déjà dit à Jésus « Heureux celui qui mangera du pain dans le royaume de Dieu! » (Lc 14:15). Jésus Lui-même a dit, « Aussi je vous dis que plusieurs viendront d'Orient et d'Occident, et seront à table dans le royaume des cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob » (Mt 8:11). Cette image du ciel où l’on mange en présence du Seigneur peut s’être développée suite aux événements du Sinaï. Les anciens d’Israël ont accompagné Moïse au sommet de la montagne où « ils virent Dieu, et ils mangèrent et burent. » (Ex 24:11). Moïse a fait remarquer avec raison « il n'étendit point sa main sur ceux qui avaient été choisis d'entre les enfants d'Israël ».

 

        Que le repas soit associé à la venue du royaume de Christ se reflète aussi dans le modèle de prière recommandé par Jésus dans Luc 11. En faisant référence au royaume, Jésus nous a enseigné à prier « Ton règne vienne » (11:2). La prochaine requête est « Donne-nous chaque jour notre pain quotidien » (11:3). Cependant, l’expression grecque de Luc 11:3 est difficile à traduire. Littéralement, cela veut dire quelque chose comme « le pain qui appartient au jour à venir, donne-le-nous aujourd’hui ». Une note dans la marge de la version NASV dit « le pain du jour à venir ». Si on relie ensemble les versets 11:2 et 11:3, Jésus aurait bien pu être en train d’enseigner de demander de recevoir aujourd’hui du pain du banquet messianique à venir, c’est-à-dire « Ton règne vienne — Que le festin commence aujourd’hui! » Athanase l’a expliqué comme « le pain du monde à venir ».4

 

       Évidemment, des changements majeurs sont survenus lors du passage de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance, du Festin de la Pâque au Repas du Seigneur. La Pâque était un événement annuel. Le Repas du Seigneur était célébré hebdomadairement. Les ordonnances relatives à la Pâque exigeaient un agneau et des herbes amères. Le Repas du Seigneur n’oblige à aucune restriction alimentaire — en fait, le Seigneur Jésus est l’Agneau pascal! Jésus a ajouté le fruit de la vigne comme étant un élément essentiel du Repas. Moïse ne mentionne rien au sujet du vin pour la Pâque. Pourtant, bien peu de ce que Jésus a dit au sujet de ces changements fondamentaux a été conservé dans les Évangiles. Il a été laissé aux apôtres d’expliquer plus en détail et de démontrer concrètement les enseignements de Jésus. C’est ce qu’ils ont fait dans les épîtres. Les écrits des Apôtres sont, essentiellement, des commentaires sur les enseignements de Jésus tels que trouvés dans les récits des Évangiles. Parmi les changements qui se sont faits en passant de la Pâque au Repas du Seigneur, certains pourraient affirmer que Jésus leur a enseigné à abandonner le repas et à garder seulement une gorgée de vin et un morceau de pain symboliques. Puisque Jésus a dit qu’Il ne le mangerait pas jusqu’à sa consommation à venir, n’est-il pas vrai d’affirmer que l’église aussi devrait attendre le retour de Jésus pour le manger encore une fois? La réponse se trouve dans la pratique et les enseignements subséquents des apôtres.

 

        C’est dans les chapitres dix et onze de 1 Corinthiens que l’on traite le plus en profondeur du Repas du Seigneur. Les profondes divisions des croyants de Corinthe ont fait en sorte que leurs réunions à l’occasion du Repas du Seigneur ont servi au mal plutôt qu’au bien (11:17-18). Ils partageaient le Repas « indignement » (11:27). Les plus riches d’entre eux, qui ne voulaient peut-être pas manger avec les classes sociales inférieures, se rassemblaient effectivement plus tôt et restaient là si longtemps que quelques-uns étaient même ivres. Lorsque les croyants de la classe ouvrière arrivaient, retardés probablement par les contraintes de leur travail, la situation était pire puisqu’il ne restait plus aucune nourriture. Les pauvres retournaient chez eux, affamés (11:21-22). Certains Corinthiens ne reconnaissaient pas le Repas comme le repas sacré de l’alliance (11:23-32). 

 

       Les abus étaient si graves que ce qui devait être le Repas du Seigneur était plutôt devenu leur propre repas (11:21).  Si tout ce qu’ils voulaient était de manger leur propre repas, de le manger chez soi aurait été la chose à faire. C’est pourquoi Paul leur demande « N'avez-vous pas des maisons pour manger et pour boire? ». Leur égoïsme entaché de péché a entièrement trahi l’essence même de ce que veut dire le Repas du Seigneur.

 

      Par la nature de leur abus, il est évident que l’église de Corinthe partageait régulièrement le Repas du Seigneur sous la forme d’un repas complet. Par opposition, très peu de gens dans les églises modernes participeraient au service d’un Repas du Seigneur typique en s’attendant à être rassasiés. Il est encore moins probable qu’ils s’enivrent avec une coupe de vin de la grosseur d’un dé à coudre. Gardez à l’esprit que Paul a écrit aux Corinthiens environ vingt ans après que Jésus ait changé son Dernier Repas en Repas du Seigneur. Tout comme le Dernier Repas était un vrai repas, les Corinthiens considéraient aussi le Repas du Seigneur comme un vrai repas. Où auraient-ils pris cette idée de célébrer le Repas du Seigneur comme un vrai banquet si ce n’était des apôtres eux-mêmes?

 

       Certains ont suggéré que Jésus, les apôtres et l’église du premier siècle célébraient en effet le Repas du Seigneur mais que ces abus à Corinthe ont incité Paul à y mettre fin. Par exemple, le commentaire original qui se trouve dans la Bible de Genève de 1599 affirme « L’apôtre croit qu’il est bon de faire cesser les festins agape en raison des abus, bien qu’ils existaient depuis longtemps, qu’ils étaient approuvés dans les Églises, ainsi que commandés et institués par les apôtres. »5 Nous nous demandons : un apôtre peut-il renverser à lui seul quelque chose qui a été établi par la Seigneur Lui-même et pratiqué par tous les autres apôtres et églises?  En fait, le ferait-il même s’il le pouvait?

 

        La solution inspirée à l’abus du Repas que faisaient les Corinthiens n’était pas que l’église cesse de le manger comme un repas complet. Plutôt, Paul a écrit : « quand vous vous assemblez pour manger, attendez-vous les uns les autres ». On ordonne seulement à ceux qui sont trop affamés, indisciplinés ou égoïstes pour attendre les autres de « manger dans sa maison » (1 Co 11:34). C.K. Barrett fit cette mise en garde : « Cela semble impliquer en apparence que le repas qui n’est pas sacré doit être pris à la maison […] Mais ce que Paul veut dire, c’est que si les riches souhaitent manger et boire entre eux afin de profiter d’une nourriture meilleure que celle de leurs frères plus pauvres, ils devraient le faire à la maison; s’ils ne peuvent attendre les autres (verset 33), s’ils doivent se satisfaire à l’excès, ils pourraient du moins empêcher les pratiques qui discréditent le repas commun de l’église […] Paul veut simplement dire que ceux qui ont si faim qu’ils ne peuvent attendre leurs frères devraient satisfaire leur faim avant de quitter la maison afin que la décence et l’ordre puissent être maintenus dans l’assemblée. »6 

 

        De plus, le mot grec pour « cène » (1 Co 11:20), deipnon, veut littéralement dire « souper, le repas principal vers le soir, un banquet ». Sans doute, cela ne fait jamais référence à quelque chose de moindre qu’un repas, comme une entrée, une collation ou des hors-d'œuvre. Quelles sont les chances que les auteurs du Nouveau Testament utilisent deipnon pour parler du « Repas » du Seigneur s’il n’est pas censé être un repas complet? Plusieurs aspects prophétiques sont rattachés au Repas du Seigneur. En repas complet, il préfigure le festin du royaume à venir, le repas de noces de l’Agneau. 

       La plupart des spécialistes de la Bible s’entendent pour conclure que le Repas du Seigneur était à l'origine pris sous la forme d’un repas complet. Par exemple, le spécialiste britannique du Nouveau Testament Donald Guthrie affirme que l’apôtre Paul « a établi le Repas du Seigneur dans le contexte d’un repas commun. »7

 

        Gordon Fee, professeur émérite de Regent College a fait remarqué « le phénomène quasi universel de repas sacrés comme faisant partie du culte dans l’antiquité » et « le fait que dans l’église du premier siècle le Repas du Seigneur était probablement mangé en tant que vrai repas ou du moins accompagné d’un tel repas. » Fee souligne encore que « dès le début le Dernier Repas n’était pas pour les chrétiens une Pâque chrétienne annuelle mais un repas répété régulièrement en l’honneur du Seigneur , d’où le Repas du Seigneur. »8

 

        G. W. Grogan, directeur du Bible Training Institute de Glasgow, en écrivant pour le New Bible Dictionary, a observé que « Le récit de Saint Paul (dans 1 Co 11:17-37) sur l’administration de l’Eucharistie se fait dans le contexte d’un repas de communion […] La séparation du repas ou de l’Agape de l’Eucharistie vient après l’époque du Nouveau Testament. »9

 

       Dans son commentaire sur 1 Corinthiens, C.K. Barrett fait cette observation : « le Repas du Seigneur était encore à Corinthe un repas ordinaire auquel des actions à la signification symbolique étaient rattachées plutôt qu’un repas purement symbolique. »10

 

       Williston Walker, professeur de l’histoire de l’église à Yale, a noté que « Des services étaient tenus les dimanches et probablement aussi d’autres jours. Depuis le temps des apôtres, ils étaient de deux types : des réunions pour la lecture des Écritures, la prédication, les chants et la prière; et un repas du soir commun avec lequel on prenait le Repas du Seigneur. »11

 

         Dr. John Gooch, éditeur à la United Methodist Publishing House à Nashville, Tennessee, a écrit : « Durant le premier siècle, le Repas du Seigneur n’était pas seulement constitué du pain et de la coupe mais d’un repas entier. »12

 

        J.J. Pelikan, professeur sterling en études religieuses à Yale a conclu « Souvent, sinon toujours, il était célébré dans le contexte d’un repas commun. »13

 

Ses fonctions : 1) un rappel pour Jésus

 

        Partager le pain et le vin lors d’un vrai repas a plusieurs fonctions. L’une d’elles est de rappeler à Jésus la promesse de Son retour. Rappeler à Dieu les promesses de Son alliance est un concept parfaitement biblique. Lorsque Dieu a conclu une alliance avec Noé, Il a promis qu’il ne détruirait plus jamais la terre par un déluge et l’arc-en-ciel en fut le signe. Ce signe est bien sûr pour nous rappeler la promesse de Dieu, mais Dieu a aussi déclaré : « L'arc sera donc dans les nuées, et je le regarderai, pour me souvenir de l'alliance éternelle entre Dieu et tout être vivant, de toute chair qui est sur la terre. » (Gn 9:16, mis en italique par l’auteur)

 

        Plus tard dans son plan du salut, Dieu a promis de délivrer les Israélites de leur futur esclavage en Égypte car cela faisait partie de Son alliance avec Abraham. Alors, au moment venu : « Et Dieu entendit leurs gémissements; et Dieu se souvint de son alliance avec Abraham, avec Isaac, et avec Jacob. Et Dieu regarda les enfants d'Israël, et Dieu connut leur état. » (Ex 2:24-25, mis en italique par l’auteur)

  

        Durant la captivité babylonienne, Ézéchiel rapporte que Dieu a promis à Jérusalem : « je me souviendrai de l'alliance que j'ai faite avec toi. » (Éz 16:60, mis en italique par l’auteur)

 

        Le Repas du Seigneur est le signe de la nouvelle alliance. Lorsque Jésus a pris la coupe, Il a dit : « Car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés. » (Mt 26:28). De même que pour tous les signes d’une alliance, il sert de rappel des promesses de l’alliance. C’est pourquoi Jésus a dit que nous devons manger le pain «en mémoire de moi » (Lc 22:19). Le mot grec traduit par « mémoire », anamnesis, veut dire « rappel ». Traduit littéralement, Jésus a dit « faites cela pour me le rappeler ». 

 

        La question est : ce rappel est-il premièrement pour nous ou pour Jésus? Le théologien allemand Joachim Jeremias a interprété l’emploi par Jésus du mot anamnesis dans le sens d’un rappel pour Dieu : « Le Repas du Seigneur devient alors une prière en action. »14  Dans  The Eucharistic Words of Jesus (Les paroles eucharistiques de Jésus), on avance que le mot grec « jusqu’à » (1 Corinthiens 11:26, achri hou) n’est pas seulement une référence temporelle mais également un préposition indiquant un but à atteindre. C’est-à-dire que la fonction du repas est de constamment rappeler à Dieu son avènement.15

 

        Les mots « de moi » dans Luc 22:19 sont traduits du seul mot grec emou, qui grammaticalement dénote la possession (suggérant que le rappel appartient en fait à Jésus). Plus qu’un simple pronom personnel, c’est un pronom possessif. L’église doit donc partager le pain du Repas du Seigneur spécifiquement pour rappeler à Jésus la promesse de Son retour afin de le célébrer encore avec nous, en personne (Lc 22:16,18). Compris de cette façon, il est comme une prière incitant Jésus à revenir (« Ton règne vienne », Lc 11:2). Tout comme l’arc-en-ciel rappelle à Dieu Son alliance avec Noé, ou tout comme les gémissements ont rappelé à Dieu Son alliance avec Abraham, ainsi en est-il du partage du Repas du Seigneur qui rappelle à Jésus la promesse de Son retour.

 

        Paul, dans 1 Corinthiens 11:26, confirme cette idée en affirmant que l’église en célébrant le Repas du Seigneur, « annonce la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne ». À qui annonçons-nous Sa mort et pourquoi? Évidemment, au Seigneur lui-même, afin de lui rappeler de revenir. Il est significatif que le mot grec qui donne « jusqu’à » soit achri hou. Par la nature de son emploi ici, il peut grammaticalement dénoter un but ou un objectif.16 Si je dis que j’utilise le parapluie « jusqu’à » ce qu’il arrête de pleuvoir, ce mot dénote simplement une durée (utiliser le parapluie n’arrêtera pas la pluie). Cependant, ce n’est pas de cette manière que le mot grec qui donne « jusqu’à » est employé dans 1 Corinthiens 11:26. Au contraire, Paul enseignait à l’église à partager le pain et la coupe comme un moyen d’annoncer la mort du Seigneur (comme un rappel) dans le but de (« jusqu’à ») le persuader à revenir! Ainsi en annonçant Sa mort avec le pain et la coupe, le Repas présageait et anticipait Son retour.

 

        Le concept de chercher à persuader le Seigneur à revenir est semblable à la supplication des martyrs d’Apocalypse 6 qui s’écrient « Jusqu'à quand, ô Souverain, le saint et le véritable, ne jugeras-tu point, et ne vengeras-tu point notre sang sur ceux qui habitent sur la terre? » (Ap 6:10). Et à quoi Pierre songeait-il lorsqu’il a écrit que ses lecteurs devraient anticiper le jour de Dieu et « hâter sa venue » (2 P 3:12)? S’il était inutile de chercher à persuader Jésus de revenir, alors pourquoi nous enseigne-t-Il à prier « Ton règne vienne, ta volonté soit faite »? (Mt 6:9-10). Il est intéressant que les premiers chrétiens (dans la Didachè x.6) employaient maran atha (« Seigneur, vient ») comme une prière associée au Repas du Seigneur, « dans un contexte à la fois eucharistique et eschatologique ».17 En faisant référence à l’emploi du mot maranatha dans 1 Corinthiens 16:22, Dr R.P. Martin écrit « Maranatha dans 1 Co 16:22 peut très bien être placé dans un contexte eucharistique pour que la conclusion de la lettre termine avec l’invocation “Seigneur, vient ! ” et prépare donc le terrain à la célébration du Seigneur qui a lieu après la lecture de la lettre à la congrégation. »18

 

Ses fonctions : 2) créer l’unité

 

        L’importance du Repas en tant que vrai repas ne signifie pas qu’il faut abandonner le pain et la coupe, les symboles du corps et du sang de notre Seigneur. Au contraire, ils demeurent un aspect vital du Repas (1 Co 11:23-26). Le pain et le vin sont là pour représenter le corps et le sang de notre Seigneur. Sa mort propitiatoire sur la croix est le fondement même du Repas du Seigneur.

 

        Comme la forme du Repas du Seigneur est importante (un repas complet de communion qui préfigure le banquet de noces de l’Agneau), la présentation du pain et de la coupe importe tout autant. On fait mention dans les Écritures de la coupe de bénédiction (singulier) et d’un seul pain : « Comme il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, ne sommes qu’un seul corps; car nous participons tous au même pain. » (1 Co 10:16-17). Un seul pain illustre non seulement notre unité en Christ, mais selon 1 Corinthiens 10:17, il crée même l’unité! Soyez attentifs aux termes du texte inspiré. «Comme » il y a un seul pain, nous ne sommes qu’un seul corps, « car » nous participons tous au même pain (1 Co 10:17). Se partager des morceaux de craquelins brisés et plusieurs coupes de jus est une image de désunion, de division et d’individualité. Du moins, cela ne représente aucunement l’image d’unité. Un spécialiste a dit que le Repas du Seigneur était « un moyen d’engendrer l’unité dans l’église […] »19.

 

        Quelques personnes à Corinthe étaient coupables de prendre part au Repas du Seigneur « indignement » (1 Co 11:27). Les riches refusaient de manger avec les pauvres. Les riches arrivaient au lieu de rassemblement si tôt que lorsque les pauvres arrivaient plus tard, quelques riches étaient ivres et il ne restait plus de nourriture. Les pauvres retournaient chez eux affamés. Ces divisions honteuses entre les classes annulaient l’unité que le Repas du Seigneur était censé engendrer. Les abus des Corinthiens étaient si graves que ce n’était plus le Repas du Seigneur mais plutôt leur « propre » repas (1 Corinthiens 11:21). Cette faute des riches à discerner le corps du Seigneur chez leurs frères plus pauvres a eu pour conséquence le jugement divin : plusieurs d’entre eux étaient malades et un grand nombre sont morts. (1 Co 11:27-32). La solution de Paul à ces réunions nuisibles? « C'est pourquoi, mes frères, quand vous vous assemblez pour manger, attendez-vous les uns les autres. » (1 Co 11:33). Quelqu’un qui avait trop faim et qui ne pouvait attendre devait « manger dans sa maison » (1 Co 11:34). Une des raisons pour laquelle les Corinthiens n’étaient pas unis était précisément parce qu’ils négligeaient de manger le Repas du Seigneur ensemble comme un repas complet et axé sur une seule coupe et un pain.

 

Ses fonctions : 3) la communion

 

        En parlant des églises de Laodicée, notre Seigneur ressuscité s’est offert à entrer et à manger (deipneo) avec n’importe qui entendait Sa voix et ouvrait la porte, une image de camaraderie et de communion (Ap 3:20). L’idée de communion et d’acceptation symbolisée par le partage d’un repas n’avait pas ses racines seulement dans la culture hébraïque du temps de Jésus mais aussi dans les débuts des Écritures hébraïques. Ex 18:12 révèle que Jéthro, Moïse, Aaron et tous les anciens d’Israël sont allés manger du pain en présence de Dieu. Un autre repas divin a eu lieu à l’occasion de l’alliance du Sinaï lorsque Moïse, Aaron, Nadab, Abihu et les soixante-dix anciens d’Israël gravirent le Mont Sinaï où ils « virent Dieu et ils mangèrent et burent » (Ex 24:9-11). Il est significatif que « Dieu n’étendit point sa main sur ceux qui avaient été choisis d’entre les enfants d’Israël » (Ex 24:11a). Ils étaient acceptés par Lui comme le démontre le repas sacré qu’ils mangèrent en Sa présence.

        La « communion par le festin » est un thème qui revient dans le livre des Actes où l’on apprend que l’église du premier siècle persévérait « dans la communion par la fraction du pain » (2:42, traduction littérale). Dans plusieurs versions, il y a un « et » dans Actes 2:42 entre doctrine et communion, et entre « pain » et « prière » mais pas entre « communion » et « pain ». Dans le grec, les mots « communion » et « rompre le pain » sont liés ensemble comme des activités simultanées.  Ils avaient la communion ensemble pendant qu’ils rompaient le pain entre eux. Luc ajoute aussi qu’ils mangeaient avec « joie et simplicité de cœur » (2:46). C’est invitant, n’est-ce pas? 

 

        Plusieurs commentaires associent l’expression « fraction du pain » qui se retrouve dans le livre des Actes au Repas du Seigneur. C’est parce que Luc, qui a écrit les Actes, a rapporté dans son évangile que Jésus a pris le pain et l’a « rompu » au dernier repas (Lc 22:19). Si cette conclusion est exacte, alors l’église du premier siècle célébrait le Repas du Seigneur comme un temps de communion et de joie, comme quelqu’un qui célèbre un banquet de noces. F.F. Bruce était aussi d’avis que dans Actes 2, la communion prenait forme concrètement par la fraction du pain. Bruce soutien aussi que l’expression « fraction du pain » dénote « quelque chose qui va au-delà du partage ordinaire d’un repas : l’observation régulière du Repas du Seigneur est signalée sans aucun doute […] son observation semble avoir été fait lors d’un repas ordinaire. »20

 

        Par opposition, plusieurs églises modernes prennent part au Repas du Seigneur dans une ambiance funeste. L’orgue joue une douce musique méditative. Les têtes sont baissées et les yeux fermés pendant que les gens procèdent silencieusement à l’introspection de leur âme pour y déceler les péchés non confessés. La coupe et le vin sont disposés sur une petite table couverte d’un drap blanc, presque comme une dépouille le serait lors de funérailles. Comme des porteurs de cercueil, les diacres distribuent solennellement les éléments. Ceci, est-ce vraiment garder la tradition eucharistique des apôtres? Rappelez-vous que c’était la manière indigne que Paul a critiquée (1 Corinthiens 11:27) et non pas les gens indignes. Cette manière indigne était de l’ivresse à la table du Seigneur, de ne pas manger ensemble et que les pauvres retournaient chez eux affamés et humiliés. En effet, chacun devrait s’examiner lui-même avant d’arriver pour le repas afin d’être certain qu’il n’est pas coupable du même péché grave dont les Corinthiens étaient coupables : négliger de discerner le corps du Seigneur chez ses frères dans la foi (1 Corinthiens 11:28-29). Une fois que nous nous sommes jugés nous-mêmes, nous pouvons participer au repas sans craindre le jugement et se réjouir en la communion du Repas du Seigneur comme un vrai banquet de noce est censé l’être.

 

Sa fréquence : hebdomadaire

 

        À quelle fréquence l’église du Nouveau Testament partageait-elle le Repas? Les premiers chrétiens célébraient le Repas du Seigneur hebdomadairement et c’était le but principal de leur rencontre chaque Jour du Seigneur. Encore une fois selon la Encyclopaedia Britannica, le Repas du Seigneur est « le rite central du culte chrétien » et « il a été partie intégrante du service chrétien depuis les tout premiers jours de l’église ».21

 

        Cette évidence se voit tout d’abord grammaticalement. Le terme technique « Jour du Seigneur » vient d’une expression unique dans le grec, kuriakon hemeran, qui veut littéralement dire « le jour qui appartient au Seigneur ». Les mots « appartient au Seigneur » sont tirés du mot kuriakos qui apparaît seulement dans le Nouveau Testament dans Apocalypse 1:10 et dans 1 Corinthiens 11:20, où Paul l’emploie pour faire référence au « Repas du Seigneur » ou au « Repas appartenant au Seigneur » (kuriakon deipnon). Le lien entre ces deux emplois ne doit pas être ignoré. Si le but de la réunion hebdomadaire de l’église est d’observer le Repas du Seigneur, il est logique que ce repas appartenant au Seigneur soit célébré le jour appartenant au Seigneur (le premier jour de la semaine). Jean a reçu sa vision, l’Apocalypse (Ap 1:10), le premier jour de la semaine, le jour que Jésus est ressuscité des morts et le jour auquel l’église du premier siècle se réunissait afin de célébrer le Repas appartenant au Seigneur. La résurrection du Seigneur, le jour du Seigneur et le repas du Seigneur vont tous ensemble.

 

        De plus, la seule raison donnée dans le Nouveau Testament comme but de la réunion régulière de l’église est de célébrer le Repas du Seigneur. Dans Actes 20:7, Luc nous informe que « Le premier jour de la semaine, les disciples étant assemblés pour rompre le pain ». Les mots « rompre le pain » sont un syntagme verbal télique à l’infinitif. Il dénote un but ou un objectif. Ils se réunissaient pour manger! 

 

 

 

        1 Corinthiens 11:17-22 mentionne aussi dans quel but l’église s’assemble. Leurs « réunions » (11:17) faisaient plus de mal que de bien car lorsqu’ils « s’assemblaient dans l’Église » (11:18a), ils avaient de grandes divisions. Paul a donc écrit « Lors donc que vous vous assemblez dans un même lieu, ce n’est pas pour manger la Cène du Seigneur » (11:20). Ici, il est évident que le principal but des réunions de l’église était de manger le Repas du Seigneur. Malheureusement, leurs abus du Repas étaient si graves que ce n’était plus le Repas du Seigneur, mais officiellement ils se réunissaient chaque semaine pour célébrer le Repas. 

 

      Le dernier endroit où l’on fait référence à la raison pour laquelle on s’assemble se trouve dans 1 Corinthiens 11:33, « quand vous vous assemblez pour manger, attendez-vous les uns les autres ». Comme précédemment, on voit que la raison du rassemblement est de « manger ». De peur que cela paraisse exagéré, on doit se rappeler qu’aucune autre raison n’est jamais donnée dans les Écritures pour expliquer le but des réunions hebdomadaires de l’église.

 

       La communion et l’encouragement dont bénéficie chacun lors de ces rencontres sont formidables. C’est l’équivalent chrétien du petit restaurant de quartier. C’est vraiment un temps de célébration. Dieu se sert de ce temps afin de créer l’unité au milieu d’un groupe de croyants. Cet aspect des réunions de l’église ne devrait pas se faire à la hâte ou être remplacé. Il est certainement approprié d’avoir un temps semblable à 1 Corinthiens 14 lors du rassemblement (un temps interactif d’enseignement, d’actions de grâce, de chant, de témoignage, de prière, etc.) mais non pas aux dépens du Repas du Seigneur hebdomadaire.

 

Considérations pratiques

 

       De nos jours, pratiquer le Repas du Seigneur sous la forme d’un repas complet peut s’avérer une grande bénédiction pour l’église. Voici quelques considérations pratiques pour le célébrer.

        L’attitude. Assurez-vous que l’église comprenne bien que le Repas du Seigneur est le but principal de la réunion hebdomadaire. Ce n’est ni optionnel, ni d’importance secondaire par rapport à une sorte de « culte ». Même si un certain dimanche l’église ne faisait que célébrer le Repas du Seigneur, elle aurait accompli une des raisons principales pour laquelle la réunion a lieu cette semaine-là.

 

        La nourriture. Dans la mesure du possible, apportez un repas à partager et mangez aussi de ce que les autres auront apporté. Cela rend l’organisation du repas beaucoup plus facile. Ayez confiance en la souveraineté de Dieu! Un repas trop organisé est moins amusant et devient un fardeau. La seule chose qui devrait être planifiée est de désigner la personne qui apporte le pain et le fruit de la vigne. (Dans notre église, la famille qui reçoit pour la réunion pourvoit toujours pour ces choses.)

 

        L’offrande. Puisque la célébration du repas est une pratique du Nouveau Testament et quelque chose d’important pour le bon fonctionnement d’une église, le temps et l’argent dépensé par chaque famille pour la nourriture à apporter font réellement partie de leur offrande au Seigneur. Plutôt que de simplement mettre de l’argent dans un panier chaque semaine, allez à l’épicerie et achetez la meilleure nourriture que vous pouvez vous permettre. Amenez-la au Repas comme une offrande sacrificielle!

 

        Le nettoyage. Pour faciliter le nettoyage, vous pourriez utiliser des assiettes de carton, des assiettes de table ainsi que des fourchettes et des verres de plastiques. Bien souvent, les gens jettent négligemment les couverts avec les autres déchets, alors il est préférable de jeter une fourchette de plastique plutôt qu’une en métal! Pour aider à éviter les dégâts, la famille hôte fournit des plateaux d’osiers pour les assiettes qui sont réutilisables et ne nécessitent généralement pas d’être nettoyés.

 

        La logistique. Lorsque la température est clémente, il peut être plus approprié de manger à l’extérieur. Les dégâts causés par la nourriture et les breuvages sont inévitables et le nettoyage est ainsi simplifié. On peut placer une table pliante là où il le faut et la ranger après la réunion. En saison plus froide, lorsqu’il faut manger à l’intérieur, pensez à recouvrir les beaux meubles d’un plastique et d’une nappe. Puisque ce sont les enfants qui font le plus de dégâts, réservez-leur les places disponibles à une table et insistez qu’ils s’y assoient!      

 

        Une coupe et un pain. Quelques-uns sont d’avis que de prendre la coupe et le vin avant le repas les sépare trop du repas et en fait un acte à part. C’est comme si le Repas du Seigneur était la coupe et le pain et que tout le reste n’était qu’un repas ordinaire. Pour éviter cette fausse dichotomie, placez la coupe et le pain sur la table avec les autres aliments du Repas du Seigneur. La coupe et le pain peuvent être mentionnés avant la réunion ainsi que dans la prière précédant le repas, mais ensuite placés sur la table du buffet avec tout le reste. De cette manière, les croyants peuvent se les partager lorsqu’ils vont se servir.

 

        Le pain devrait-il être sans levain et le fruit de la vigne devrait-il être alcoolisé? Les Juifs mangeaient du pain sans levain pour le repas de Pâque pour symboliser la rapidité avec laquelle Dieu les a sortis d’Égypte. Jésus a pris du pain sans levain lors du Dernier Repas. Par contre, il n’est pas dit dans le Nouveau Testament que les églises des Gentils utilisaient du pain sans levain pour le Repas du Seigneur. Quoique parfois dans le Nouveau Testament le levain soit associé au mal (1 Co 5 :6-8), il est aussi employé pour représenter le Royaume de Dieu (Mt 13:33)! Comme on le voit, c’est une question de choix. Pour le vin, il est clair qu’il a été utilisé dans 1 Corinthiens 11 pour le Repas du Seigneur puisque certains s’étaient enivrés. Cependant, aucune raison théologique claire n’est jamais donnée dans les Écritures concernant l’utilisation du vin (mais prenez note de Gn 27:28, Es 25:6-9 et Rm 14:21). Comme avec le pain sans levain, il semble que ce soit une question de choix pour chaque église.

 

        Les non-croyants. Doit-on permettre aux non-croyants de prendre part au Repas du Seigneur? Le Repas du Seigneur comme repas sacré, comme signe de l’alliance, signifie quelque chose seulement pour les croyants. Pour les non-croyants, c’est seulement de la nourriture pour le ventre. 1 Corinthiens 14:23-25 laisse entendre qu’occasionnellement, des non-croyants vont participer aux réunions d’église. Les non-croyants ont faim tout comme les croyants, alors invitez-les à manger aussi. Gagnez-les à Jésus par votre amour! Le danger de prendre le Repas du Seigneur d’une façon indigne ne concerne que les croyants (1 Co 11:27-32).

 

       En ce qui concerne le pain et le vin, si un enfant non-croyant désire en boire seulement parce que c’est du jus de raisin, il n’y a pas de problème. Cependant, si les parents en donnent intentionnellement à l’enfant non-croyant comme un acte religieux, cela pourrait violer la signification du Repas du Seigneur. Cela serait un peu comme le concept du baptême des enfants.

 

        Un clergé ordonné. Certains croient que seul un ecclésiastique ordonné peut administrer le Repas du Seigneur. Le Nouveau Testament n’impose nullement ce critère.

 

Conclusion

 

        Maintenant que la forme du Repas dans le Nouveau Testament a été dûment expliquée, la question à laquelle les croyants d’aujourd’hui font face est quelle est la volonté de Dieu pour les églises modernes. Jésus désire-t-il que Son peuple célèbre le Repas du Seigneur de la même façon qu’ils le faisaient dans le Nouveau Testament? Ou cela lui importe-Il peu? Avons-nous la liberté de nous écarter de la forme originale du Repas qui est un vrai banquet? Nous croyons que non. Pourquoi voudrait-on se détourner de la façon dont Christ et ses apôtres ont pratiqué le Repas du Seigneur? Manifestement, les apôtres se réjouissaient de ce que les églises conservent leurs traditions (1 Co 11:2) et leur ont même commandé de le faire (2 Th 2:15). Nous n’avons pas l’autorisation de nous en détourner. 

 

        Il y a consensus dans les cercles intellectuels de toutes les dénominations concernant le fait que l’église du premier siècle célébrait le Repas du Seigneur comme un repas complet. Cette controverse reparaît avec l’appel à retourner à l’exemple du Nouveau Testament. L’église historique a sur certains points et pour quelque temps dévié du modèle du Nouveau Testament. Par exemple, pendant plus d’un millénaire, le baptême du croyant par immersion a été essentiellement négligé à l’intérieur du Christianisme. Mais depuis la Réforme, cette tradition apostolique trop longtemps négligée a été remise sur pied et est maintenant pratique commune. De la même façon, les églises charismatiques et pentecôtistes diraient que plusieurs dons de l’Esprit ont été négligés pendant près de deux mille ans jusqu’au Asuza Street Revival (Réveil d’Asuza Street). Nous pensons que l’église passe à côté d’une grande bénédiction en négligeant de pratiquer le Repas du Seigneur à la manière de l’église du premier siècle.

 

        Pour résumer, le Repas du Seigneur est le but principal de la réunion de l’église chaque Jour du Seigneur. Célébré sous la forme d’un vrai repas, le Repas représente le repas de noces de l’Agneau anticipé. Il doit être partagé comme un festin, dans une ambiance de noce et de joie plutôt que dans une ambiance funeste et solennelle. Un des bienfaits majeurs du Repas est la communion et l’encouragement qu’en retire chacun. Dans le contexte d’un repas complet, il doit y avoir qu’une seule coupe et qu’un seul pain que tous se partagent. Un seul pain entier est utilisé non seulement pour symboliser l’unité du groupe de croyants, mais aussi parce que Dieu veut l’utiliser afin de créer l’unité chez un groupe de croyants. Ils sont les symboles du corps et du sang de Jésus et servent à rappeler à Jésus Sa promesse de revenir et de manger encore avec Son église. Amen. Reviens bientôt, Seigneur Jésus!

— Steve Atkerson 08/28/07

 

 

 

Notes

 

1 Fritz Reinecker & Cleon Rogers, Linguistic Key to the Greek New Testament (Grand Rapids, MI:  Zondervan, 1980), 207.

2 Jaroslav Jan Pelikan, “Eucharist,” Encyclopaedia Britannica, ed. Warren Preece (Chicago:  William Benton, Publisher, 1973), 807-808.

3 R. P. Martin, “The Lord’s Supper,” The New Bible Dictionary, ed. J. D. Douglas (Wheaton, IL:  Tyndale House Publishers, 1982), 709.

4 Frederick Godet, Commentary on Luke (Grand Rapids, MI:  Kregel Publications, 1981), 314.

5 1599 Geneva Bible (White Hall, WV:  Telle Lege Press, 2006), 1180.

6 C. K. Barrett, Black’s New Testament Commentary, The Fist Epistle to The Corinthians (Peabody, MA:  Hendrickson Publishers, 1968), 263 & 277.

7 Donald Guthrie, New Testament Theology (Downers Grove, IL:  Inter-Varsity Press, 1981), 758.

8 Gordon Fee, New International Commentary on the New Testament, The First Epistle to The Corinthians ( Grand Rapids, MI:  Wm. B. Eerdmans Publishing Co., 1987), 532, 555.

9 G. W. Grogan, “Love Feast,” The New Bible Dictionary, ed. J. D. Douglas (Wheaton, IL:  Tyndale House Publishers, 1982), 712.

10 Barrett, 276.

11 Williston Walker, A History of The Christian Church, 3rd Ed. (New York, NY:  Charles Scribner’s Sons, 1970), 38.

12 John Gooch, Christian History & Biography, Issue 37 (Carol Stream, IL:  Christianity Today) 3.

13 Pelikan, 808.

14 Colin Brown, New International Dictionary of New Testament Theology, Vol. III (Grand Rapids, MI:  Zondervan, 1981) 244. 

15 Joachim Jeremias, The Eucharistic Words of Jesus (New York, NY:  Charles Scribner’s Sons, 1966), 252-254.

16 Reinecker, 34.

17 Barrett, 397.

18 Martin, 709.

19 Pelikan, 807.

20 F. F. Bruce, Acts of The Apostles (Grand Rapids, MI:  Wm. B. Eerdmans Publishing Co., 1981) 79.

21 Pelikan, 807.

 

 

Questions à discuter

 

1.  Quels sont quelques exemples de l’Ancien Testament où Dieu se rappelle de Ses promesses d’alliance? Comment cela influence-t-il notre compréhension de l’aspect de « souvenir » du Repas du Seigneur (Lc 22:19)?

2.  Dans la Bible, qu’est-ce qui démontre que les Juifs du premier siècle imaginaient le ciel comme un temps de festivité en présence du Messie?

3.  Jésus a dit que le Repas du Seigneur sera accompli dans le royaume de Dieu (Lc 22:16). Comment et quand cet accomplissement pourrait-il se faire?

4.  Le dernier repas s’est déroulé lors du festin de la Pâque. Les douze apôtres auraient-ils pu en déduire que les prochains Repas du Seigneur ne seraient pas aussi des festins? Expliquez.

5.  Quel est le consensus des spécialistes au sujet de la façon que l’église du premier siècle célébrait le Repas du Seigneur? Pourquoi ce consensus est-il important?

6.  Si Actes 2:42-47 fait référence au Repas du Seigneur, comment décririez-vous l’ambiance de ces repas? Pourquoi?

7.  Quelle est la seule raison donnée dans le Nouveau Testament pour laquelle l’église du premier siècle se réunissait chaque Jour du Seigneur?

8.  Quelle raison théologique Paul a-t-il donnée pour qu’on prenne un seul pain lors du Repas du Seigneur?

9.  Dans 1 Corinthiens 11:17-22, qu’est-ce qui nous indique que le Repas du Seigneur était célébré sous la forme d’un repas complet?

10.  Quelle a été la solution biblique proposée pour corriger l’abus du Repas du Seigneur des Corinthiens?

11.  Pourquoi le mot « jusqu’à » de 1 Corinthiens 11:26 indique-t-il non seulement une durée, mais aussi un but?

12.  Quelle « manière indigne » a rendu certains Corinthiens coupables de pécher contre le corps et le sang du Seigneur (1 Co 11:27)? De quelle façon cela nous interpelle-t-il aujourd’hui?

13.  Qu’est-ce qui nous démontre à quelle fréquence l’église du premier siècle célébrait le Repas du Seigneur?  

14.  Quelle était la forme d’origine du Repas du Seigneur (des éléments symboliques ou un repas complet)? Expliquez.

15.  À l’origine, le Repas du Seigneur était-il axé sur un retour en arrière ou une anticipation? Pourquoi?

16.  Quelles étaient les fonctions d’origine du Repas du Seigneur?

17.  Puisque Jésus a dit qu’Il ne le mangerait pas jusqu’à sa consommation à venir, l’église devrait-elle aussi attendre le retour de Jésus pour le manger à nouveau? Pourquoi?

18.  Comment le Repas du Seigneur peut-il être célébré dans une ambiance de banquet de noce alors qu’une menace de mort plane (1 Co 11) et que 1 Corinthiens 10 parle de manger avec les démons (plus effrayant encore!)?

19.  À l’origine, quelles étaient la fréquence, la forme, la visée (le passé ou l’avenir) et les fonctions du Repas du Seigneur?

20.   Comment la coupe et le vin peuvent-ils être intégrés au repas sans être considérés comme des éléments séparés du reste du festin?

21.  Quelle influence la pratique de l’église du premier siècle devrait-elle avoir sur la façon que l’église contemporaine célèbre le Repas du Seigneur?

22.  Quelles bénédictions l’église manque-t-elle en ne célébrant pas le Repas du Seigneur comme un vrai repas saint et complet?

 

Remarque : La NTRF offre aussi des ressources pour l’enseignant afin de l’aider à diriger une discussion au sujet de la vie d’église du Nouveau Testament. Demandez The Practice of The Early Church: A Theological Workbook (Leader’s Guide) à www.NTRF.org.

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